2I

Dans les couloirs du lycée, nous distinguons dès la première seconde une personne qui, malgré sa timidité, dégage de la bonté et de la bonne humeur, n’attendant qu’une chose, c’est de se lâcher autrement qu’en exerçant du handball et faire la fête. D’ailleurs, en soirée ne serais-tu pas le plus dévergondé ?

La grandeur du lycée ne l’a pas effrayée
Beaucoup mieux qu’au collège
Elle en est assurée
Quelques petits rituels
Comme aller au casier
Une vie très à l’aise
Au sein du lycée
Le « cli-cli » du crayon
Et le doigt dans la bouche
Nous laissent entrevoir
Une jeune fille peu farouche
Les trois minutes passent
Je me suis demandé :
Tiens, de tout ça,
Qu’en a-t-elle pensé ?

Jeune fille sur talons,
Le bruit résonnant sur le carrelage du lycée l’enquiquine
Faire le lycée de long en large c’est long
Il faudrait rallonger les intercours.
Le lycée lui a apporté responsabilité
Cependant la maturité n’a pas évolué.
Droite et timide
La voie scientifique ne t’est pas conseillée.
Tu arriveras à t’adapter
Ta saison préférée est l’été,
D’ailleurs ton collier tu l’as acheté dans un pays ensoleillé.
Mais dis-moi, si tu n’étais pas aussi timide, aurais-tu réussi dans la voie scientifique ?
M*, cette danseuse brésilienne
Voulant devenir psychomotricienne,
Cette fille aux cheveux longs, blonds
Ressemblant à une jolie poupée
Fofolle, délirante mais attachante
Dans ton jardin secret, cette phrase que tu affectionnes
«Faut pas pousser mémé dans les orties»
Alors dis-moi, voudrais-tu devenir la Miss Samba ?
Élève au lycée, qui s’attend à de la maturité
Un peu perdue sur le choix de son avenir, et cherchant qui elle est.
Elle se sent plus à l’aise, accompagnée de ses amis, et pourquoi pas, sur les plages d’Australie.

Une bonne connaissance du lycée,
Une classe et des profs appréciés.
Moins de temps avec ses amis,
Mais ils se retrouvent en perm, aux récrés, à midi.

Elle prend goût à sa vie de lycéenne
Et m’a même permis de faire ce poème.
Bien qu’il ne soit pas extraordinaire,
C’était une expérience à faire.

A travers ses lunettes, je vois ses yeux bleus qui me fuient. Elle répond malgré tout à mes questions sur le lycée. Rapidement elle me vante la liberté et l’autonomie du lycée, puis les nouvelles rencontres qu’elle a pu faire, avant de se taire. Un silence gênant règne alors dans la petite pièce.
Oui, elle semble ne pas être très à l’aise en face de moi. Ses mains qu’elle ne cesse d’agiter prouvent encore une fois son malaise.
Le seul sourire qui passe sur son visage est lorsque que je lui demande de me parler de ses bagues. Elle porte en permanence sur elle son amour pour sa mère et sa grand-mère. Quels moments forts as-tu partagés avec elles ?

5h50, c’est le rythme adopté quand on habite à Guémené et qu’on doit aller au lycée. Même ses voisins, ceux qui lui ont offert son collier y sont obligés. Malgré son air joyeux, elle leur fait voir rouge, d’ailleurs c’est sa couleur préférée. Mais pour elle peu importe, leurs critiques elle les déteste et elle préfère se souvenir de ses vacances, de tous ces champs de fleurs. Depuis ses treize ans elle part en colo, la dernière fois c’était l’Angleterre. En attendant, elle traîne dans le plot D, pendant les récrés. Le lycée c’est bien, on gagne en autonomie mais les vacances, c’est dans combien de temps ?

Bretagne en efFay,
T’es fou, toi
Là-bas la vie est dure
Poulet trop gras
Rigole comme ta soeur pleure.

E* aime se réunir avec ses amies
A une table à côté du self.
Elle adore manger
Le self est d’ailleurs son endroit préféré
Même si c’est souvent la même bouffe.
Au lycée elle se sent moins stressée
Au collège il lui manquait la liberté.

Une fille de seconde que j’ai rencontrée
aux cheveux de fée
mais pourtant naturels
Le lycée elle l’aime, elle,
vous pourrez la trouver au rez-de-chaussée
et l’année prochaine en S SVT !
Un élève tranquille à l’aise au lycée
Aimant marcher dehors avec ses amis du passé.
Nage comme un poisson dans l’eau.
Toujours le ballon au bout de ses grandes frites.

Cette jeune fille, se prénommant E*,
Était souvent perdue à son entrée au lycée
Mais elle est maintenant bien intégrée.
Passionnée de danse modern’jazz,
C’est sûrement un moyen pour elle de s’exprimer,
Car il est impossible de ne pas remarquer sa timidité.
Cette jeune adolescente aux yeux azur et aux cheveux bouclés
A l’air de bien s’amuser dans le bâtiment D.
Cette jeune fille pleine de vie
Dégage de sa petite personne une extrême sympathie,
Mais d’où vient toute son énergie?

Le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon putain ! De Bouvron, un œil au beurre noir récolté en jouant au ballon, il écoute du rap US, comme il dit : « du bon son ». Le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon, le ballon putain ! Il se tourne vers ses camarades, ne sait pas où se mettre, d’un détour s’en va un dernier coup d’œil vers la fenêtre, il s’en va en cours, une seule pensée en tête : le ballon, et vivement le samedi, que je joue au ballon.
Ce jeune lycéen est très sociable et souriant, loin d’être timide, il est tout de même feignant. Ne sachant pas vraiment quoi dire sur lui même, il se retrouvait un peu perplexe et ne sut seulement me dire qu’il avait le vertige. Mais est-il si ouvert qu’il le prétend ?

Plutôt timide et effacé, il est tout de même très sociable et souriant. Il se décrit comme généreux et aime tout type de sport ainsi que de musique. Il a l’air d’un garçon simple qui ne se prend pas la tête. Mais est-il si simple, ne se prend-il pas la tête au fond ?

Son nom est A*, le lycée ça l’ennuie
Les cours d’anglais ne sont pas ce qu’il aime,
il préfère les maths et au lycée, il y a celle qu’il aime,
les récrés sont sympas mais l’année prochaine, c’est la ES,
donc attention au stress.

H* est comme V*, ils se ressemblent beaucoup, ils aiment le lycée pour les mêmes choses et ne regrettent pas le collège pour les mêmes raisons. Il est aussi serieux, il est motivé et déterminé, tellement déterminé qu’il veut aller en S, enfin il est surtout courageux.

Il prefère la liberté du lycée aux interdits du collège, aime la maturité qui est plus distincte que dans ses précédentes classes. Il est sérieux, tellement sérieux qu’il a sauté une classe. Son sérieux influe même sur son physique car il est propre sur lui et nous donne l’impression qu’il est sûr de ses paroles et de ses gestes. Journaliste, il veut devenir journaliste.
« J’aime bien le lycée », me dit-elle. Ses amis, oui, ses amis me semblent être la chose qu’elle préfère au lycée. Près de la « Question de la semaine », elle trouve un refuge pour y retrouver à chaque récréation son groupe.
Un silence s’installe et je l’observe. Blonde aux yeux bleus. Le sport qu’elle pratique me prend au dépourvu. Le monde change, il était temps, car aujourd’hui les poupées jouent au ping-pong. Mais n’est-ce pas trop dur de faire partie d’un club où les hommes sont en nombre ?

Ayant du mal à garder le rythme, il a été difficile d’endosser le passage extrême du collège au lycée niveau sommeil. Bien que sa timidité prenne souvent le dessus, il a réussi à s’habituer à cette foule d’adolescents bouillants d’hormones grotesques.
Ici à Camille Claudel, où personne n’est mis à l’écart, sa couleur de peau ébène n’a en rien dérangé son intégration, et de nombreuses personnes sont venues à lui pour sympathiser. Et il était temps ! Car la séparation de ses parents l’a longuement perturbé et de beaucoup de réconfort il avait besoin. Le lycée lui en a apporté, car plus de liberté lui a été accordée. Tellement de nouveautés, nouvelle maison, nouveau foyer, nouvelle école, et malgré cela, sous son air anxieux et intimidé de se trouver face à moi, il paraît apaisé et serein. Mais pourquoi ce manteau si chaud dans l’enceinte du lycée ?

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